Le 29 novembre 2021 a eu lieu une cérémonie de dédicace à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) à Yaoundé, l’ouvrage du Pr. Nta à Bitang, enseignant-chercheur, « Discours journalistique et construction des identités dans la presse camerounaise » publié en 2021 aux Editions du Patrimoine.

L’ouvrage de 247 pages, renseigne sur la sensibilité du discours journalistique, tout en faisant une différence nette entre ce discours (qui reste inchangé à travers le monde car les canons du journalisme sont universels) et la presse, que le contexte force à l’adaptation. En trois chapitres, le directeur-adjoint de l’Esstic, retrace entre autres les techniques utilisées sur le terrain, le lexique professionnel, les genres journalistiques, ou les dérives issues d’un emploi erroné du discours journalistique. Le questionnement sur la véritable identité du journalisme, le bon grain et l’ivraie du métier, parcourt également l’ouvrage. Pour étayer son propos, l’auteur s’aide d’une bibliographie et d’une recherche documentaire dense. Il s’appuie également sur des sources expérimentées.

Quels sont les éléments permettant de définir le discours journalistique ?

Le discours journalistique c’est tous les éléments de langage que le journaliste utilise pour pouvoir informer son public. Vous savez que le travail de journaliste c’est de collecter l’information, la traiter et la mettre au service du public. Pour ce faire, il dispose de tous les éléments de langage, qui sont des éléments professionnels qu’on traduit par les genres rédactionnels. Ceux-ci donnent au journaliste la latitude de pouvoir informer son public, de donner son opinion sur l’information transmise. C’est un aspect du discours journalistique. Le discours journalistique est donc une émanation du journaliste qui prend des éléments à la source, donc c’est un discours rapporté. Il tient un discours sur les acteurs des événements. D’un autre côté, il y a également ce discours que le journaliste tient de lui-même, et que le public tient sur le journaliste. La difficulté au Cameroun est de savoir qui est journaliste et qui ne l’est pas.

Comment le contexte influence-t-il le discours journalistique ?

Les éléments du discours journalistique sont les mêmes partout à travers le monde, parce que les règles du journalisme ne changent pas, que vous soyez aux Etats-Unis, au Gabon ou en Indonésie. Elles ne varient pas. Seulement, il faut comprendre que la presse américaine n’est pas la même que la presse camerounaise par exemple. Le discours est le même, mais quand il rentre en contexte, la presse fait le reste. Les sources emmènent les journalistes camerounais à dire un certain nombre de choses qu’ils ne diraient pas s’ils étaient au Tchad, au Gabon ou aux Etats-Unis. Dans ce cas-là, il ne s’agit pas du discours journalistique camerounais, mais plutôt de la presse camerounaise.

Quelles orientations les médias sociaux, ces nouveaux médias, donnent-ils au discours journalistique ?

Le discours journalistique charrie un certain nombre de discours. Les spécialistes le décrivent d’ailleurs comme un inter-discours, c’est-à-dire qu’il n’est pas propre à lui, qu’il s’agit d’un discours rapporté. Maintenant, avec les réseaux sociaux, d’autres discours s’ajoutent. Ces nouveaux médias donnent plus de travail aux journalistes. Sil vérifiait une information avec une ou deux sources, désormais il faut qu’il la vérifie avec trois ou quatre sources. Et surtout, il ne peut pas prendre ce qui vient des discours sociaux sans l’avoir passé au crible du recoupement. Il faut comprendre que chaque profession a ses règles. Mais tout le monde pense qu’il peut faire du journalisme. Seuls les véritables journalistes doivent s’en tenir aux fondamentaux du métier : vérifier sans cesse l’information. Le journalisme n’est pas né avec les médias sociaux, mais il est appelé à s’adapter, à trouver la solution face aux fake news véhiculées par les réseaux sociaux.

 

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Chancelin Wabo

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