Le 03 février 2022, Lionel Thierry Owona Essengue a soutenu son moire de Master en SIC à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (ESSTIC). Son mémoire est intitulé : « La relation aux objets culturels en contexte scolaire rural : Analyse de la construction de leurs rapports au livre par les élèves des classes de Terminales A du lycée de Mengong dans le Sud Cameroun ». Il a défendu son travail devant un jury présidé par le Pr Jean François Nguegan (MC), l’examinateur a été le Pr Messanga Obama (MC) et le rapporteur, directeur du mémoire, le Pr Augustin Charles Mbia (MC).

La dimension sociale des objets est souvent perdue de vue lorsqu’on mène une réflexion sur ceux-ci. Les usages des objets sont souvent ce qui retient l’attention, délaissant au passage le côté médium de ces derniers. Dans le cas précis du livre de manière générale et du livre scolaire ou pédagogique en particulier, les aspects liés à son contenu, au marché à travers la vente ou à son processus de fabrication sont les problématiques les plus prégnantes dans notre environnement. Dans un contexte scolaire, l’on pourrait d’emblée affirmer que le livre sert uniquement à l’apprentissage ou à soutenir la pédagogie dans l’enseignement secondaire qui est le lieu de notre investigation. Une telle perspective mettrait donc à mal l’observation pratique, les discours que tiennent les élèves autour du livre, ainsi que les actes qui sont posés autour de lui, aussi bien par les élèves eux-mêmes que par les enseignants. Notre étude montre que le livre n’est pas embrigadé dans le schéma fonctionnaliste sus évoqué. Dans une salle de classe qui constitue un sous-système dans un système plus complexe, le livre permet d’établir des relations en termes d’interactions entre élèves et entre élèves et enseignants ; lesdites interactions aboutissant finalement à la mise en place d’un espace symbolique d’interdépendance. Cette interdépendance permet par ailleurs l’équilibre du sous-système et de l’ensemble du système comme cela est démontré dans cette étude. Il s’agit, en effet, d’une perspective constructiviste visant à mettre en relief la dimension sociale ou médium du livre dans un contexte d’apprentissage. Dès lors, quelles sont les motivations qui poussent les élèves à avoir recours au livre ? Un tel questionnement paraîtrait à priori naïf, livre, dans l’entendement général, étant considéré comme un outil destiné à l’apprentissage et à la formation. Que nenni !

Pour démontrer notre point de vue, le lycée de Mengong dans le Sud du Cameroun a été choisi comme lieu d’investigation de cette étude. L’objectif était de voir, comment dans une zone rurale caractérisée par une absence de certains biens et services, les élèves construisent des rapports, tant au niveau des discours que des actions posées, avec du livre. L’approche systémique qui est la nôtre dans cette étude, nous impose donc la prise en compte du contexte dans l’analyse. En clair, la ruralité n’est pas anodine dans cette étude, elle constitue même le « primat » des sept principes de la Théorie systémique de référence pour reprendre Alex Mucchielli en tant que contexte de production des discours et des « actes de communication ».  A travers l’enquête par questionnaire et par entretien, nous avons déterminé deux types de concepts : un qui est objectif c’est-à-dire externe à l’individu et l’autre qui est subjectif et donc lié à l’individu. En référence à notre hypothèse centrale que nous avons énoncée plus haut, les deux contextes ou les deux discours convergent vers un point commun qui met en lumière la pauvreté de l’environnement ou du milieu de vie et celle des individus. C’est ainsi qu’il va émerger des discours sur la possession ou la non possession du livre pour catégoriser les élèves ou ses camarades de classe. Avoir le livre est donc considéré soit comme synonyme de richesse matérielle par certains élèves, soit comme synonyme de confort intellectuel par d’autres élèves ou alors les deux à la fois.

Le second moment de notre analyse s’appesantit sur les pratiques ou interactions autour du livre qui se déclinent sous trois aspects : échange – emprunt – achat.

A travers nos outils méthodologiques, nous avons analysé ces interactions sous deux angles : les unes symétriques c’est-à-dire entre pairs ou entre élèves et les autres dissymétriques entre élèves et enseignants, et élèves – élèves. Les réponses obtenues lors de cette étude, nous ont permis de constater que les interactions entre pairs sont beaucoup plus développées que les interactions dissymétriques. Toutefois, ces interactions entre pairs s’opèrent dans un modèle dissymétrique en suivant la logique de celui qui possède et de celui qui ne possède pas le livre. C’est donc dans cette schéma de complémentarité que se met en place un espace symbolique d’interdépendance au travers de l’aide ou de l’entraide et de la collaboration ou de la coopération.

L’emprunt – l’échange et l’achat en tant qu’interactions ou « actes de communication » sont donc analysés, après les discours, pour montrer comment ils participent de la construction d’un espace symbolique d’interdépendance qui maintient l’équilibre du sous-système qu’est la salle de classe.

Lionel Thierry OWONA ESSENGUE

Master SIC – ESSTIC

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Chancelin Wabo

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