Dans une tribune parvenue à notre rédaction, Nadège MACHE, docteure communicante et enseignante-chercheure en communication mène une réflexion sur la pratique de la communication. Elle se demande si c'est une affaire de tous ou de communicants. Sans toutefois trancher, elle formule le vœu que les communicants (celui qui a étudié la communication et qui la pratique) s’investissent dans la recherche et aussi la pragmatique de la communication (action concrète dans la communication). Cette réflexion intervient au lendemain de l’atelier de formation et de concertation des entités-tiers du Projet de déploiement des technologies et innovations environnementales – PDTIE, tenu à Yaoundé, du 18 au 22 avril 2022. Camersic-infos vous propose l’intégralité du texte.

La communication, une affaire de tous ou de communicants ?

Ayant constatée que la communication se banalise dans notre environnement, je me suis souvent demandée si effectivement tout le monde, soi-disant « communicateur », était à même de manager ou d’opérationnaliser de manière efficace ou efficiente la communication d’une organisation, d’une marque, d’un produit, d’un projet. Pour être sincère, dans certains cas, des personnes se fiant davantage à leur intuition, ayant quelques bribes de connaissances en communication, passionnées d’une manière ou d’une autre de la communication, s’en sortent bien parfois ! Un responsable d’entreprise peut se vanter : Tu vois ! Je n’ai pas étudié la communication comme toi, mais je m’en sors très bien, et mieux que toi. Nous on communique !

Je me souviens aussi d’un manager, d’une agence de communication, qui m’avait dit : Dans vos écoles-là, vous formez des diplômés, mais très peu de professionnels. J’ai déjà reçu des stagiaires ayant des masters ou doctorants en communication, mais qui ne m’ont pas convaincu !

On a beau se plaindre des usurpateurs qui ont investis le domaine de la communication au Cameroun, mais que font les communicants ? Ces usurpateurs savent foncer alors que des communicants manquent parfois d’engouement, d’inspiration, d’assurance, de maîtrise même des pratiques de la communication.

Sans négliger la maîtrise des théories ou la production des connaissances en communication, je suis résolument engagée dans la pragmatique de la communication. Je n’hésite pas à élaborer sérieusement des stratégies de communications, mais aussi de mouiller le maillot quand c’est nécessaire, pour opérationnaliser la communication. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ? Si nous, communicants, n’opérationnalisons pas la communication, les usurpateurs le feront, et nos jérémiades n’y changeront rien.

Pourtant, il y a un bémol ! Parfois certaines personnes, diplômés ou même très diplômés en communication, se comportent comme si leurs diplômes suffisaient. La mise en œuvre de la communication, de la publicité, nécessite la mobilisation des capitaux qui doivent être justifiés ou rentabilisés. Quand vous n’êtes pas efficaces, ou efficients, les capitalistes sont sans sentiments pour vous. Il faut donc se demander à soi-même : Quel genre de communicant suis-je ? Suis-je pertinent ? Ai-je la capacité de capitaliser les opportunités qui se présentent à moi ou même de les provoquer ?

En ce qui me concerne, je suis une docteure communicante, stratège, opérationnelle en perpétuel perfectionnement. J’ai plusieurs années d’expérience dans la gestion des marques en agence médias et hors médias. Je m’investis actuellement, en temps partiel, comme chargée de communication du Projet de déploiement des technologies et innovations environnementales – PDTIE. Je précise en temps partiel, parce que j’y travaille moins de 3 jours par semaine, ce qui me laisse le temps de contribuer à la formation professionnelle des jeunes camerounais, de continuer mes recherches, et de gérer ma maisonnée. Chaque activité majeure du PDTIE est une opportunité de communication ainsi que de renforcement de mes compétences dans l’opérationnalisation de la communication. Ce fut le cas, lors de l’atelier de formation et de concertation des entités-tiers du PDTIE à Yaoundé, du 18 au 22 avril 2022, où j’ai fait connaître le plan de communication que nous mettons en œuvre depuis un an. J’ai aussi compris comment maximiser, les relations avec la presse pour donner la visibilité au projet en question, tout comme la communication interpersonnelle avec les participants qu’il fallait, par exemple, encourager à adopter les goodies du PDTIE. Les feedbacks sont positifs, mais il faut œuvrer de mieux en mieux.

J’ai un sérieux rêve !!! C’est de voir davantage de communicants s’investir, pas seulement dans la recherche, mais aussi dans la pragmatique de la communication, chacun selon son potentiel bien-sûr, pour que nous écrivions les lettres de noblesse de la communication dans notre environnement et même au-delà !  L’effort bien canalisé produit toujours des fruits !

 

Author:

Chancelin Wabo

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