La journaliste en service à la Cameroon Radio and Television (CRTV), Evelyne Mengue à Koung, a présenté le 05 mai 2022, en vue de l’obtention d’un doctorat PhD en Sciences de l’Information et de la communication, une thèse intitulée, « L’histoire à la télévision, télévision et histoire : L’exemple du nationalisme camerounais ». Le jury de thèse a été présidé par le Pr Paul Célestin Ndembiyembe. Une thèse co-dirigée par les Professeurs Thomas Atenga et Missé Missé.

Etude pionnière en histoire des médias

La présidente de l’Union de la Presse Francophone, section Cameroun (UPF-Cameroun), trace un sillon en tant pionnière dans l’étude de la télévision. « C’est la première fois qu’une recherche porte sur l’écriture de l’histoire à la télévision. C’est un champ nouveau qui est exploré(…). Les problématiques d’histoire en relation avec l’histoire du présent, comme on appelle le journalisme, ont une certaine tradition depuis les années 1960 dans les Sciences de l’Information et de la communication », indique à la presse le Dr Evelyne Owona Essomba, après sa soutenance.

S’agissant de la page du nationalisme camerounais, elle est peut-être une des moins « feuilletées » du roman national. Pas parce que qu’elle manque d’intérêt (loin de là !), mais surtout en raison de ce que la candidate a appelé sa « tabouïsation ».  Dès qu’apparait le mur d’un interdit, on peut questionner les causes de son érection-les causes et concomitamment les buts. Le « pourquoi » mais aussi le « comment » ont structuré la démarche. Le matériau pour élaborer des réponses a été constitué après des entretiens avec des journalistes, historiens, producteurs, députés, etc. Mais aussi l’analyse du discours  et des programmes télévisuels, l’étude d’un corpus de 67 heures de programmes sur l’histoire à la télévision (Crtv et Canal 2), entre autres sources.

Pour parvenir  à au moins une conclusion principale : la télévision, en matière d’histoire, fait une part trop belle »présentisme », qui confine le passé au statut de temporalité mineure. Pour la chercheuse, ce n’est pas fortuit. L’histoire est happée dans un tourbillon dont la force provient des stratégies éditoriales du système télévisuel camerounais et des logiques du système du pouvoir. En outre, la production d’émissions d’histoire peut couter cher : les journalistes ne sont pas toujours intéressés ou suffisamment formés, et sont parfois aimantés par les acteurs du présent…surtout quand il s’agit d’élites, de politiques.

La candidate a été reçue avec la mention très honorable, obtenant la note de 17/20.

Camersic-infos avec Alliance Nyobia de CT

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Chancelin Wabo

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