La Revue ‘NTCHU’TCHE lance un Appel à contribution sur la traduction en langues africaines. Les détails à travers l’argumentaire ci-dessous.

THEME

Traduire en langues africaines : Enjeux et défis

‘NTCHU’TCHE, LA REVUE LANGUES, CULTURES, CINEMAS ET COMMUNICATIONS

VOLUME N0 002 A PARAITRE EN JUIN 2023

En langue ngemba de l’ouest Cameroun en pays bamiléké, ‘NTCHU’TCHE signifie rassembler, unir, réunir, faire converger. Ce vocable, considéré dans sa signification, sa valeur expressive, traduit la vocation interdisciplinaire de la revue qui souhaite rassembler en son sein les praticiens, les chercheurs et les universitaires d’horizons divers : Traducteurs, interprètes de conférence, ingénieurs langagiers, linguistes, cinéastes, journalistes, communicateurs, sociologues, anthropologues, etc.  La Revue se veut donc un lieu de croisement des disciplines scientifiques et de conjugaison des diverses connaissances spécialisées. Elle s’inscrit dans les axes fondamentaux de la réflexion dynamique en matière de recherches dans les Sciences Humaines et Sociales, les Explorations Culturelles et Anthropologiques, les Études Cinématographiques, les Sciences du Langage, la Communication, etc.

 

Quels genres de textes traduit-on en langues africaines ? Qui traduit ? Quand ? Comment faut-il traduire en langues africaines ? Quel est le destin du « translatum », entendu des textes traduits en langues africaines ? La question se pose au moment où certaines opinions sur l’Afrique restent figées dans des stéréotypes et des clichés qui semblent ne pas tenir compte du fait que l’Africain évolue entre plusieurs langues et cultures et paraît s’y sentir à l’aise. Selon Wikipédia, le nombre de langues en Afrique serait estimé à 2000 pour un milliard d’habitants.

Oui, l’Afrique est plus qu’un Babel, c’est le continent langues, une mosaïque culturelle colorée, le berceau de l’humanité, le continent de la Sud-africaine Myriam Makeba qui chantait « Malaika », c’est-à-dire « je t’aime », mais également le lieu ou Caïn en tuant son frère Abel lui aurait parlé en une langue africaine que les récits sapientiels ont omis de nous révéler. Terre multiethnique et multilingue, chaudron des conflits et des révolutions explosives, l’Afrique symbolise à la fois la diversité, l’ambigüité, le mélange des sonorités, des couleurs et des voix, des tons et des glottales, le monde comme Dieu l’a voulu, exubérant, dynamique, qui se transforme et se renouvelle chaque jour. Si le traducteur est un médiateur culturel et langagier, le trait d’union entre les langues et les cultures, alors, l’Afrique est terre de traduction depuis l’aube des temps, depuis l’origine du monde.

C’est dans ce contexte que les notions obsessionnelles de certains mouvements traductologiques traditionnels comme l’opposition entre fidélité et créativité, loyauté et trahison n’apportent aucune réponse au traducteur en langues africaines. Il faut remettre en question les approches traditionnelles pour se tourner vers la réalité africaine qui est nourrie de changement et d’innovation spontanés, libre de s’exprimer, défiant les conventions européennes et occidentales

dans de multiples domaines. Traduire en langues africaines c’est parcourir un continent qui se découvre, qui expérimente, qui est en train de se définir. C’est faire partie de la transformation et ainsi se transformer et changer avec lui.

 Laboratoire d’application de toutes les formules, des théories et des pratiques les plus osées dans le domaine de la traduction sous toutes ses formes, l’Afrique est ce laboratoire à ciel ouvert où foisonnent les problématiques traductologiques.  Existe-t-il une manière, une approche particulière, spécifique à adopter lorsqu’on traduit par exemple un texte sur la prévention de la Covid 19 du français en Ngemba, langue bamiléké de l’ouest Cameroun ? Langue essentiellement orale ? A peine écrite ?

Comment faut-il traduire la langue technique sur la covid 19 en Ngemba ? Quels sont les enjeux terminologiques, stratégiques, historiques, culturels, économiques et même philosophiques du transfert de connaissances en langues africaines

 

Tels sont les défis que tente de relever ce deuxième numéro de ‘NTCHU’TCHE La Revue LANGUES, CULTURES, CINEMAS ET COMMUNICATIONS. Nous recherchons des contributions originales mettant en lumière les approches professionnelles ainsi que les contraintes liées à la traduction dans nos langues taxées par des regards condescendants et paternalistes de « minoritaires », de « marginales », de « périphériques » et même d’  « inférieures ».

 

Pour ce  deuxième numéro  qui paraîtra en juin 2023, La Revue souhaite publier des articles originaux en français, en anglais et en langues africaines (accompagnée d’une traduction en français ou en anglais)  sur le thème de  la traduction des textes scientifiques et techniques, spécialisés, littéraires, pragmatiques, audiovisuels, etc. en langues africaines.

Il s’agit, en interrogeant l’histoire de la traduction en Afrique, d’explorer et d’analyser les corpus dans une perspective textologique et traductologique dans le but d’en dégager des conclusions scientifiques probantes susceptibles de constituer un socle solide de connaissances sur les politiques linguistiques et traductionnelles en Afrique, la place des langues africaines dans l’organisation politique et sociale, leurs relations avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux.

Il ne s‘agira pas de rouvrir ici le sempiternel débat du conflit entre les cultures portées par les langues, mais de répondre aux questions suivantes :

Quels textes traduits-on en langues africaines ?  Quelles sont les combinaisons linguistiques ? Qui traduit ? Quand ? Comment ? À quelles audiences sont destinées ces traductions ? Sont-elles utiles ? Si oui, dans quelles mesures ? 

La revue accepte les textes dont l’objectif est d’identifier les questions vives dans un esprit de dialogue, de veille et de controverse, d’en clarifier les énoncés tout en respectant leur complexité.

Les articles pourraient se classer dans les rubriques suivantes :

 

– Les contraintes d’ordre terminologiques dans la traduction scientifique et technique en langues africaines

  • Comment les différentes sphères sociologique, historique, économique et politique, parmi d’autres, entretiennent une étroite corrélation avec les modes de rapport culturel entre les langues officielles et les langues africaines.
  • Tensions dialectiques entre les jeux de force et les restrictions qu’imposent les différents genres de textes à traduire en langues africaines ;
  • L’espace qu’occupe la traduction dans le développement d’un système littéraire d’arrivée en langues africaines ;
  • Processus de sélection des textes et politique de traduction en langues africaines ;
  • Attitude des professionnels de l’éducation et de la formation en Afrique, face à ces mutations dans l’industrie de la traduction ?
  • Manque de représentation des traducteurs spécialisés en langues africaines et le statut dit « inférieur » de leurs langues de travail.
  • Amélioration du niveau qualification et de formation des traducteurs en langues africaines
  • Les préalables à la traduction en langues africaines : l’alphabet et les systèmes d’écriture.
  • Les modalités pédagogiques et didactiques pour l’enseignement de la traduction en langues africaines.
  • Le rôle de la traduction en langues africaines dans l’aménagement linguistique en Afrique.

 

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Les propositions de contribution de 500 mots devront être soumises en français, en anglais ou dans une langue africaine à sohisti@yahoo.fr pour le 30 aout 2022.

Les auteurs dont les propositions auront été retenues s’engageront à soumettre leurs contributions pour le 20 février 2023.

 Les articles seront évalués et commentés anonymement par deux membres d’un comité de lecture ad hoc. Les auteurs devront inclure une brève notice bibliographique de 150 mots avec leur proposition d’article.

La revue paraitra concomitamment à Montréal (Editions du Rivage), à Paris (Editions Saint Honoré) et à Yaoundé (Editions Massao) dans la première quinzaine du mois de juin 2023.

Les articles soumis ne doivent pas faire l’objet de publication dans une autre revue.

‘NTCHU’TCHE La Revue LANGUES, CULTURES, CINEMAS ET COMMUNICATIONS est logée au sein du Département Communication de l’Institut Supérieur de Traduction, d’Interprétation et de Communication (ISTIC) de Yaoundé sous la tutelle académique de l’Université de Yaoundé II et sous la supervision technique de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC).

 Comité scientifique de la revue

– Professeur Marianne Lederer, Professeur Émérite, ESIT, Université de la Sorbonne Nouvelle ;

– Professeur Clare Donovan, interprète émérite, Professeur d’interprétation de conférence ;

– Professeur   Sakwe, Directeur de l’ ASTI de Buea ;

– Professeur Valentine Ubanako, Université de Yaoundé I

– Professeur Titus Wanchia, Université de Bamenda ;

-Professeur Mba Gabriel, Université de Yaoundé I ;

-Professeur  Etienne Sadenbouo, Université de Yaoundé I ;

-Professeur  Zachée Bidja Kody, Université de Yaoundé I ;

-Professeur Marcel Diki-Kidiri, chercheur et universitaire ;

Secrétariat de la Revue

 Pr.  Charles SOH, Université de Yaoundé I et Directeur de l’Institut Supérieur de Traduction, d’Interprétation et de Communication (ISTIC) de Yaoundé, Cameroun

Dr Rene Ndedje, ISTIC de Yaoundé

Dr  Maxime Manifi, Ecole Normale Supérieur,  Université de Yaoundé I

Monsieur Zih James, Doctorant, Université de Yaoundé I

Madame Tsayem Modestine, ISLTIC de Douala et Doctorante, Université de Buea

 

Author:

Chancelin Wabo

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