Pr Laurent Charles Boyomo Assala, directeur honoraire de l’Ecole supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC), sera célébré à travers un Colloque éponyme. En prélude à colloque hommage au « pape des SIC », un appel à contributions est lancé. Camersic-infos vous propose l’intégralité de l’appel à contributions.

COLLOQUE LAURENT-CHARLES BOYOMO ASSALA
Entre savoirs scientifiques et savoirs pratiques : quelles sciences de l’information et de la communication pour les sociétés africaines en mutation ? (26-27 janvier 2023)


Appel à contributions

Organisé en hommage au professeur Laurent-Charles Boyomo Assala à l’occasion de sa retraite officielle, ce colloque se veut avant tout un moment inédit d’échanges, de synthèse et d’ouverture sur un ensemble de préoccupations scientifiques qui ont marqué le parcours de cet universitaire dont l’une des identités fortes fut l’ouverture interdisciplinaire et l’éclectisme scientifique. Sans chercher à prioriser l’un ou l’autre de ces sujets, il y a lieu de voir dans les rapports des sciences de l’information et de la communication à la société, autant un point fédérateur de la contribution intellectuelle de Laurent-Charles Boyomo Assala, qu’un stimulant chantier réflexif à prolonger et à documenter. Aujourd’hui en effet, face aux nouvelles formes de crises sociales inhérentes notamment aux technologies relationnelles (Cardon, Smoreda, 2014) et surtout, face aux incertitudes des organisations à maîtriser ces nouvelles formes de sociabilité, la question de l’utilité des sciences sociales revient fatalement à l’ordre du jour. Elle se pose
d’autant plus pour les sciences de l’information et de la communication (SIC) que celles-ci sont généralement interpellées au premier plan par les organisations, dès lors qu’on voit singulièrement à toute crise organisationnelle un « problème » d’information ou de communication. Il y a lieu ainsi de re-questionner, en particulier en contexte
africain, la capacité des SIC à répondre efficacement aux préoccupations de la société. En revisitant la contribution scientifique de Laurent-Charles Boyomo Assala autour de cette question, il est possible de la resituer dans une double perspective, dont le point commun est la place de la technique dans le champ scientifique.


La première perspective est une sorte d’appel à la déconstruction d’un ensemble de modèles établis et qui ont toujours été, pour les sciences sociales en général et les SIC en particulier, d’une certaine manière, un frein à l’innovation et à l’efficacité sociale. L’un de ces modèles est traduit par les frontières rigides entre les disciplines, défendues par les processus d’institutionnalisation et le besoin de sécurité qu’éprouvent les acteurs à se protéger à l’intérieur desdites frontières. Au sein des SIC elles-mêmes un inconfort épistémologique transparait bien souvent
entre ce qui est considéré comme relevant des sciences de l’information stricto sensu, généralement adossées sur les sciences dures, et les sciences de la communication, selon le modèle anglosaxon, qui elles relèvent indubitablement des sciences sociales. Si le modèle français SIC apparait comme la synthèse heuristique de l’information et de la communication, cette unification apparait davantage comme un idéal en quête perpétuelle de repère. Au-delà de ces premières considérations, la frontière science/technique n’est pas en reste, ici, la science est
généralement définie comme un savoir élaboré, en situation de supériorité par rapport aux savoirs techniques et, a fortiori, par rapport aux pratiques sociales que Durkheim ([1895] 1993) reléguait d’emblée au rang de « prénotions », en décrétant radicalement que celles-ci doivent être systématiquement écartées. Quitte à écarter, en
même temps, toute la richesse que peuvent révéler les pratiques des acteurs sociaux et même les discours qu’ils produisent sur ces pratiques.

La seconde perspective invite, dans la suite de la première, à repenser la place des techniques dans les objets des sciences sociales : replacer les techniques au cœur des savoirs des sciences sociales, mieux, partir des objets matériels concrets pour théoriser en rapport avec les techniques. Certes, une telle perspective n’est pas nouvelle ; Michel Foucault ([1966] 1990) récusait déjà fortement la posture
du théoricien surplombant la pratique, tout en invitant à mettre à plat tous les savoirs afin d’espérer pouvoir construire un savoir pertinent. Néanmoins, elle se renouvelle dans le contexte africain d’aujourd’hui, à la lumière des préoccupations spécifiques. En l’occurrence, l’invitation du théoricien africain des SIC et des sciences sociales
à renverser la démarche pour surtout partir des objets pratiques de son terrain, se justifie particulièrement et de plus en plus, en raison du formatage historique du chercheur africain par les théories dites « classiques » élaborées en terre étrangère. L’évolution rapide des pratiques sociales d’information et de communication en Afrique et la
complexification des interactions sociales y afférentes, ne peuvent que davantage éloigner le théoricien africain de ses réalités de terrain et ainsi de l’utilité sociale de son savoir. Seront donc considérées avec un intérêt particulier les communications reposant clairement sur l’un des axes ciaprès :


Axe 1 : Sciences de l’information et de la communication au Cameroun : inventaire, trajectoires, avancées et défis.


Axe 2 : Savoirs professionnels et savoirs scientifiques en communication : objets, méthodes et dispositifs.


Axe 3 : La communication africaine : une voie pour la domestication épistémologique de la communication ?


Axe 4 : Cultures africaines et rapport aux savoirs info-documentaires, modèles applicatifs des normes et des technologies innovantes : entre tekhnè, praxis et épistémè.


Axe 5 : Chercheur(es) et professionnel(les) des SIC : perspectives d’interactions et nouveau cadre conceptuel et institutionnel.


Axe 6 : SIC et sciences sociales : quelle domestication des théories dans l’interdiscipline ?


COMITÉ SCIENTIFIQUE


Pr. Jacques Fame Ndongo, Président (Université de Yaoundé II), Pr. Adolphe Minkoa She (Université de Yaoundé II), Pr. Laurent-Charles Boyomo Assala (Université de Yaoundé II), Pr. Mbonji Edjenguele (Université de Yaoundé I), Pr. David Simo (Université de Yaoundé I), Pr. Alawadi Zélao (Université de Dschang), Pr. Jean Njoya
(Université de Yaoundé II), Pr. Missè Missè (Université de Douala), Pr. Armand Leka Essomba (Université de Yaoundé I), Pr. Joseph-Marie Zambo Belinga (Université de Yaoundé I), Pr. Jean-François Tétu (Université Lumière Lyon 2), Pr. Ahmed Silem (Université Jean Moulin Lyon 3), Pr. Thomas Atenga (Université de Douala),
Pr. Messanga Obama (Université de Yaoundé II), Pr. Eugène Booh Bateng (Université de Yaoundé II), Pr. Mathias-Éric Owona Nguini (Université de Yaoundé II), Pr. Moluh Yacouba (Université de Yaoundé II), Pr. Georges Madiba (Université de Douala).


MODALITÉS PRATIQUES


  • Dates du colloque : 26-27 janvier 2023.

  • Lieu : Yaoundé, campus de l’ESSTIC.

  • 15 août 2022 : date limite de réception des projets de contribution (résumés).

  • 15 septembre 2022 : notification aux auteurs de l’acceptation ou du rejet des projets de contribution.

  • 15 octobre 2022 : date limite de réception des contributions complètes.

  • Envoi des projets de contributions :


Les résumés des contributions (2500 signes maximum) en anglais ou en français, d’un volume, sont à envoyer aux adresses ci-après : salomengaminkala@gmail.com, ntaabitang@yahoo.fr, assomo2006@yahoo.com, richardawono@gmail.com.


Ils seront présentés, accompagnés d’une page de couverture séparée portant une courte biobibliographie de l’auteur (nom, institution d’appartenance, contacts…). Ces résumés feront l’objet d’une relecture sous anonymat par le comité scientifique. Les communications complètes seront reçues aux mêmes adresses email ci-dessus. Elles ne devront pas excéder un volume de 8500 signes.


Pour plus d’informations, veuillez contacter : Pr. Nta à Bitang (ntaabitang@yahoo.fr), Dr Alain Assomo (assomo2006@yahoo.com), Dr Richard Awono (richardawono@gmail.com). École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) – B.P. 1328 Yaoundé – Cameroun Tél./Fax : (+237) 242 16 08 80 – E-mail essticuy2@yahoo.fr

Author:

Chancelin Wabo

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