Le professeur titulaire en Sciences de l’Information et de la communication a fait cette déclaration à l’occasion de l’atelier de recyclage des journalistes sportifs et d’imprégnation à la nouvelle politique de la Fecafoot le lundi 27 juin 2022, dans un hôtel de la capitale politique Yaoundé.

L’état du journalisme sportif

Le Pr. Paul Célestin Ndembiyembe Bakoume qui a délivré une leçon inaugurale pense de manière générale que « les médias camerounais sont organisés comme des partis politiques ». « Quand on est pauvre et qu’on est journaliste, c’est très dangereux », ajoute-t-il.

L’universitaire a aussi fait un état des lieux du journalisme sportif au Cameroun. « Aujourd’hui, les journalistes sportifs sont des tireurs d’élites », déclare-t-il. « Depuis 10 à 20 ans on a vu une perte en puissance de la presse sportive au Cameroun. Aujourd’hui j’ai du mal à dire quel est le journal sportif de la place. Même si j’en connais, ils sont de caractère anecdotique. », poursuit-il. Le communicologue souligne le fait que « le journalisme sportif est aujourd’hui considéré comme l’enfant pauvre de la profession ».

Le conseil du formateur

L’actuel président du conseil d’administration de l’université de Dschang a prodigué des conseils aux journalistes sportifs présents dans la salle. Tout d’abord, ils doivent simplement raconter les faits et rien d’autre. « Quand vous êtes journaliste, arrêtez de dire ce que vous pensez. Des gens n’ont pas été à un événement, votre travail est de leur raconter ce qui s’y est passé. Point », prodigue-t-il.

 Le journalisme sportif est vaste et le journaliste sportif ne peut pas tout embrasser. Il faut se spécialiser dans un domaine sportif. « Il existe une variété de sports, tous aussi complexes les uns que les autres. On ne peut pas parler de tout. Les journalistes sportifs doivent apprendre à se spécialiser. », propose-t-il.

Le journaliste sportif c’est son réseau de sources et la confiance que celui-ci lui accorde. « Un bon journaliste doit avoir un bon réseau de sources, ceux-ci doivent pouvoir avoir confiance en lui, un journaliste doit inspirer la confiance auprès de son réseau de relation », clame l’enseignant. Un bon journaliste sportif doit être bien cultivé. « Le journaliste sportif doit être cultivé. Si vous allez par exemple dans un bar à Mvog Ada, vous trouverez des gens qui vous parlent avec maitrise du sport, alors que certains d’entre vous balbutient en radio. Aujourd’hui, certains regardent des matchs à la télé en coupant le volume », ajoute-t-il.

Le bon journaliste sportif, c’est son caractère intègre. « Le journaliste doit être une personne intègre. Une intégrité procédurale, et donc éviter de mentir, ne pas piéger les gens dans des interviews. Une intégrité dans le traitement de l’information, éviter les omissions, éviter l’utilisation à dessein du conditionnel; l’intégrité également c’est d’éviter des conflits d’intérêts », martèle le formateur.

 Il a aussi parlé du code de déontologie et il pense qu’il doit accorder une confiance envers les hommes du « 4ème pouvoir ». « La fonction d’un code de déontologie est d’harmoniser les pratiques professionnelles. Le code de déontologie doit permettre d’assurer la confiance envers les journalistes », précise-t-il.

En outre, l’enseignant-chercheur rappelle aux journalistes de ne pas faire dans la communication pour la Fecafoot, plutôt de l’aider à comprendre ses difficultés. « Ce séminaire a été organisé par la FECAFOOT, mais ça ne doit pas faire de vous des communicateurs de la FECAFOOT. Il y’a une différence entre formation de journalistes et formation de communicateurs. Vous devrez pouvoir aider la FECAFOOT à comprendre si elle en fait, ses propres erreurs ».

 

 

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Chancelin Wabo

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