La chaine de télévision Vision 4 a produit un programme intitulé, « Les grandes gueules », le mardi 12 juillet 2022. L’émission présenté par Bruno Bidjang avait pour thème, « Réseaux sociaux/Influenceurs du Christ : Quel impact sur la chrétienté ? ». Les invités de ce programme était le Pasteur/Influenceur international/Ecrivain Camille Makosso de la Côte d’Ivoire et le camerounais Thot Philosophe-Onthologue-Métaphysicien Anti-Christianiste. La rédaction de votre journal vous propose la tribune libre produite par le Prêtre de l’Eglise catholique romaine au Cameroun, l’Abbé Etienne Bakaba a sur sa page Facebook, le 08 juillet 2022. Dans cette réflexion, l’homme d’église met en exergue la place des Technologies Numériques de l’Information et de la Communication (TNIC), dans le processus d’évangélisation. « Le mannequin de Jésus », comme il se fait appeler pense qu’on ne peut ne pas évangéliser dans le contexte actuel sans les réseaux sociaux numériques (RSN). Camersic-infos vous propose de lire le texte intégral.

 

L’évangile selon les réseaux sociaux

Si Jésus était de notre époque, il aurait au moins une page Facebook et un compte  Twitter !

Peut-on évangéliser de nos jours sans Facebook, Twitter, TikTok, Instagram ou WhatsApp ?  Comment mettre les réseaux sociaux au service de l’évangélisation ?

En février 2012, le Pape François rejoint Twitter et compte de nos jours près de 2 millions d’abonnés. Le 19 mars 2016, en la solennité de Saint Joseph, époux de Marie,  François fait son entrée sur Instagram. En publiant une photo de lui en train de prier, il atteint la barre des 1 million d’abonnés en 720 minutes, battant ainsi les records d’un Justin Bieber ou encore David Beckham. On a remarqué depuis ces jours, qu’à chaque grande fête de la foi, sinon au quotidien des événements religieux ou de l’actualité tout court, le saint Père adresse un petit message qui est largement relayé sur de nombreuses  plateformes numériques.

L’évangélisation épouse en quelque sorte chez lui la logique de l’instantanéité.

Remarque

Les médias sociaux n’ont pas d’égale  en termes de vitesse de diffusion. A preuve, les médias dits traditionnels, à savoir : la presse imprimée, la télévision et la radio, s’imposent de nos jours une visibilité numérique au risque de perdre un bon nombre d’auditeurs ou de lecteurs. Vous avez beau avoir votre chaine de télévision ou de radio, il vous faut absolument un relai sur Facebook ou Twitter qui constituent « les extrémités de la terre » d’aujourd’hui. C’est là, dans ces « périphériques » de nos existences  que sont désormais semés le bon grain; mais malheureusement aussi de l’ivraie. Tout se joue en termes d’interdépendance médiatique pour le bien du public. Pour le bien de l’Eglise aussi. Un diocèse, une paroisse ou une association chrétienne sans groupe WhatsApp ou page Facebook, ça devient de plus en plus rare. Tout au moins là où la fracture numérique n’est pas très importante. 

Ma conviction 

Si Jésus était de notre époque, il aurait une page Facebook et un compte  Twitter avec des millions de followers. En effet,  si le Divin paraboliste  de Galilée a pu drainer des foules derrière lui en son temps par la force de son Logos, il serait de nos jours l’Influenceur des influenceurs, au sens évangélique de « sel de la terre et lumière du monde ». Marie, jeune fille de Nazareth version 2022, irait-elle vers sa cousine Elisabeth sans lui faire un sms ou un voice annonçant sa venue ? N’aurait-elle pas pris un selfie pour immortaliser la visitation ?   Pour nous, l’évangélisation sans réseaux sociaux relèverait aujourd’hui soit de la naïveté pastorale, soit de l’analphabétisme numérique. Mais que signifient en fait « les réseaux sociaux », ces « autoroutes de la communication » sur lesquels nous encourageons la diffusion de l’Evangile ?

Brève sur les réseaux sociaux

C’est l’anthropologue australien John Arundel Barnes qui, pour la première fois, en 1954,  introduit l’expression « réseaux sociaux » pour désigner « un agencement de liens entre des individus ou des organisations, constituant un groupement qui a un sens : la famille, les collègues, un groupe d’amis ou une communauté ». L’usage du terme a évolué et correspond de nos jours à celle de « médias sociaux » « qui intègrent technologie, interaction sociale entre individus ou groupe d’individus, et la création de contenu. » Pour Andreas Kaplan et Michael Haenlein, les médias sociaux sont « un groupe d’application en ligne qui se fondent sur la philosophie et la technologie du net et permettent la création et l’échange  du contenu généré par les utilisateurs » Pour nous, l’évangélisation selon les réseaux sociaux doit créer sa philosophie du net. Evidemment nous avons aujourd’hui des versions numériques de la Bible, du Catéchisme, de plusieurs autres documents du magistère. Beaucoup de paroisses ont des chaines YouTube, des sites internet ou des blogs quoique très peu mis à jours. Tout ceci constitue la médiathèque et la blogosphère de l’évangile.

Cependant, Internet comportant des risques, un problème reste à prendre au sérieux dans cette entreprise de l’évangélisation par le net : celui de la  nétiquette, c’est-à-dire un guide de bonnes pratiques pour que l’évangélisation ne se confonde pas à des buzz profanes. Ne négligeons pas non plus  le fait que les messes diffusées en ligne peuvent, à tort,  dédouaner la conscience de certains chrétiens du devoir de participer physiquement à l’eucharistie.

La nétiquette : une lampe sur nos réseaux

L’Office québécois de la langue française définit la nétiquette comme « l’ensemble des conventions de bienséance régissant le comportement des internautes dans le réseau, notamment lors des échanges dans les forums, par courrier électronique et les réseaux sociaux ». On ne peut pas Tiktoker l’évangile sans règle. On n’illustre pas l’évangile du dimanche avec n’importe quelle image. Une publication responsable sur les réseaux sociaux, si elle veut être évangélique, doit obéir au moins aux règles de base du journalisme traditionnel. C’est le lieu par excellence du respect de la dignité de la personne humaine, des droits de l’homme, du droit à l’image, des droits d’auteurs, etc. On doit s’indigner à cet effet de la diffusion des images des personnes malades, des corps sans vie, de la vie intime des personnes, etc. Au correctif, la règle de base doit être : soyez conscients et conséquents de ce que vous créez, de ce que vous commentez, de ce que vous  likez, et de ce que vous partagez. C’est la raison pour laquelle le saint Père, à l’occasion de la 53e journée mondiale des communications sociales,  rappelle dans son message du 24 janvier 2022, que  l’Eglise doit toujours chercher à promouvoir l’utilisation des réseaux sociaux « au service de la rencontre et de la solidarité ». « Un réseau n’est pas fait pour piéger, mais libérer », écrit-il. C’était à l’occasion de la fête de saint François de Salles, patron des journalistes.

Au demeurant, même sur les réseaux sociaux,  les commandements de Dieu – tu ne mentiras pas, tu ne voleras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu n’auras pas de désir impur –  sont  d’actualité. Nul ne l’ignore, le net est aussi le refuge des personnes sans foi ni loi. C’est aussi le royaume de la permissivité, des faux profils, des fakenews, des arnaques et des immoralités de toute sorte. Mais là aussi, Jésus nous dit « Soyez sans crainte, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33). Voilà pourquoi pour nous chrétiens, en nous risquant de porter l’évangile via les médiaux sociaux, il est question non seulement d’évangéliser par les réseaux sociaux, mais d’évangéliser les réseaux sociaux eux-mêmes, car ces outils ne sont pas inventés à la base en vue de l’évangélisation. Alors, chers internautes du Christ, à vous claviers, prêts, évangélisez !!!

Abbé Etienne Bakaba  Le Mannequin de Jésus

 

Author:

Chancelin Wabo

web site:

/

Email:

chancelinwabo@gmail.com