Andzongo Blaise Pascal, fondateur de l'Association camerounaise EDUK-MEDIA, qui mène un travail de développement de l'esprit critique face aux consommations et productions médiatiques, a commis une réflexion sur nos traces que nous laissons sur les réseaux sociaux et les conséquences que ces traces peuvent laisser. Il invite à avoir une bonne hygiène numérique en ce qui concerne les traces que nous laissons au quotidien sur les réseaux sociaux. Camersic-infos vous propose de lire le texte.

Les réseaux sociaux nous ont donné gout à la conversation, au débat et à l’écriture. L’écriture est certainement l’un des bénéfices que nous apportent les réseaux sociaux, tant nous sommes engagés dans les nombreuses conversations de groupes.

Pourtant les textes et commentaires que nous publions sur ces plateformes sont susceptibles de nous causer préjudices au même titre que les images dévoilant notre intimité.

NOS ÉCRITS NOUS DÉCRIVENT

La tendance à ne pas percevoir ses écrits comme des éléments pouvant décrire sa personnalité, causer des dommages à autrui ou porter préjudice à soi-même, est observable, au vu du nombre de propos odieux et offensants qui sont publiés chaque seconde sur les réseaux sociaux. La légèreté avec laquelle l’on évalue l’impact de nos écrits explique la facilité avec laquelle certains engagent facilement le jeu de la provocation, de la cyberagression, du cyberharcèlement, du chantage en ligne…

Cependant, nos écrits sont des reflets assez puissants de ce que nous sommes. Ils laissent des traces indélébiles de notre identité et de notre personnalité. Aussi puissants que nos paroles, ils sont les matériaux visibles de nos pensées. Tous nos écrits, qu’ils soient des réponses, des arguments, en disent long sur nous plus que ce que nous imaginons.

LES RÉSEAUX SOCIAUX, RÉSERVOIRS DE NOS ÉCRITS.

Malheureusement, le malheur des écrits est qu’ils survivent dans le temps : “verba volant, scripta manent” (les paroles s’envolent mais les écrits restent). Ils sont intemporels, laissent des traces et surtout des preuves. Ils deviennent parfois nos adversaires et se retournent contre nous à des moments où nous nous attendons le moins.

Cet état de fait est encore plus vrai avec les réseaux sociaux qui recueillent et stockent au quotidien nos écrits. Avec nos commentaires et nos réactions, ils constituent les réservoirs de ces « pièces à convictions » que nous leurs auront volontairement fournis. Puisque rien de ce que nous publions, commentons de même que nos messages ne sont effacés de ces plateformes numériques.

LA GUERRE CONTRE SES ÉCRITS

Il faut le savoir, engager une guerre contre autrui est bien plus facile à gagner que de s’opposer à ses propres écrits. Gagner la guerre contre ses écrits renvoie à renoncer à soi-même, accepter de se renier aux yeux des autres. C’est aussi prouver d’une instabilité de ses connaissances.

La politique dans les grandes démocraties nous a appris combien les écrits passés peuvent déstabiliser un candidat. Des traces de messages ont permis de faire gagner des procès en justice… Il ne tardera pas d’en être de même dans nos démocraties émergentes où les luttes pour le pouvoir sont déjà engagés dans les réseaux sociaux et ou les traces d’écrits seront d’excellents moyens utilisés pour ternir une réputation ou détruire une carrière.

Nos écrits sur les réseaux sociaux peuvent donc causer des dommages à autrui et se retourner contre nous.

Andzongo Blaise Pascal

 

Author:

Chancelin Wabo

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