L'approche de la communication en situation de crise est une nouvelle approche. La crise supporte une certaine lecture avant d'acter les actions de communication. Malheureusement, aujourd'hui, chacun se lève et prend la parole sur des sujets qu'ils ne maitrisent pas. C’est dans ce contexte que Lombobi Lille Irène, doctorante en SIC à l’Université de Douala constate une crise de communication en communication de crise. Camersic-vous propose de lire le texte intégral.

De plus en plus dans notre société, on assiste à des « évènements critiques » dont la gestion sur le plan communicationnel fait basculer en catastrophe.

Il y’a quelques semaines au Cameroun, un « scandale » de sextape impliquant un journaliste très connu enflammait la toile. Celui-ci pour apaiser les flammes, à vite fait de réagir en produisant et diffusant sur sa page, un communiqué dans lequel il tentait de se dédouaner en réfutant certains faits (ce qui est appelé en communication de crise le déni). Malheureusement, ce communiqué et dédouanement maladroits, plutôt que de produire l’effet escompté (limiter les effets néfastes de la crise), sera comme de l’huile sur du feu attisant les flammes et embrasant davantage la situation.

Parallèlement, hier encore au petit matin, on se réveillait avec la nouvelle de l’accident d’un célèbre artiste dans lequel une jeune fille de 22 ans a trouvé la mort. Pendant que le « public » est en plein émoi, le manager de cet artiste a vite fait de sortir un communiqué de presse tentant de dédouaner l’artiste en présentant la défunte comme une « fan qu’il raccompagnait ». Communiqué qui comme le premier n’a pas manqué d’interpeller davantage le public. Et ce dernier, voyant la situation s’envenimer par son communiqué, va faire profil bas et le supprimer.

S’il est vrai qu’en situation de crise une réponse rapide est recommandée pour limiter l’impact négatif de celle-ci sur la réputation de l’organisation et/ou de la personne, l’on se demande au regard de ces deux cas récents susmentionnées, pour ne pas citer Ngabur, Kumatekel et autres crises à la gestion désastreuse, QU’EST-CE QUI NE MARCHE PAS ?

Pourquoi la plupart des réponses aux « crises » au Cameroun sont des crises en elles-mêmes ? précipitation ? Manque d’ingéniosité stratégique ? Manque d’habileté en gestion de crise ou encore mauvaise analyse cognitif des « publics » ?

Ce qui est visible d’emblée est que le récepteur (public) n’est plus passif (dupe) et qu’il y’a urgence d’habiliter les hommes dans la communication de crise.

              Lille Irène LOMBOBI

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Chancelin Wabo

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