C’était au cours de la soutenance des Master recherche en Sciences de l’information et de la communication (SIC) par le département de communication de l’Université de Douala.

Son mémoire de Master en SIC est intitulé: ” Communication sur la gestion des déchets biomédicaux dans la ville de Douala: acteurs et stratégies“. La candidate a présenté son sujet devant le jury ci-après: Président: Pr Kome Njoh, Encadreur: Dr Ebana Achille, Examinateur: Dr Boteteme Munne Batet.

La question de la gestion des déchets biomédicaux est une préoccupation d’ordre mondial qui nécessite un intérêt particulier pour le bien-être des populations et de l’environnement. L’impétrante s’est appesantie sur la portée des stratégies de communication en vue d’une gestion appropriée des déchets issues d’activités de soins au Cameroun en général et dans la ville de Douala en particulier.

Intéressée par la communication faite en vue de la gestion des déchets biomédicaux dans la ville de Douala, l’objectif de la candidate était de questionner les stratégies de communication mises en place par le gouvernement et les institutions sanitaires pour une gestion adéquate des DBM. Il s’agit pour nous de mettre en évidence les actions de communication contenues dans les plans stratégiques de gestion des DBM en vue d’améliorer les pratiques des acteurs intervenant dans ladite gestion. Après une lecture transversale des stratégies de gestion des DBM, il en ressort que la difficulté de la gestion des DH réside aussi bien dans une insuffisance infrastructurelle, mais aussi la faible communication entre les différentes parties prenantes. De plus, malgré les textes prévus et la législation sur la gestion des déchets, nous avons pu noter que la communication sur l’insalubrité hospitalière et environnementale est essentiellement linéaire et institutionnelle, ignorante du contexte de vie des populations. D’où l’écart entre les stratégies de gestion et les pratiques des acteurs.  Dans le souci de comprendre ce décalage, cette réflexion s’est donc centrée autour de la question suivante : comment comprendre la pollution incessante de l’environnement humain camerounais en général et doualais en particulier compte tenu des stratégies de communication énoncées et la diversité des acteurs impliqués dans la gestion des déchets biomédicaux. Pour donner corps à cette problématique, la rédactrice du mémoire s’est interrogée sur les comportements inchangés des différents acteurs impliqués (personnel soignant et des populations) dans la lutte contre la pollution par les DBM compte tenu des divers textes et documents sur les procédures de gestion des DBM. Dans le même mouvement de compréhension de la gestion actuelle des DBM, elle s’est aussi interrogée sur comment la perception des DBM par les acteurs peut affecter la préservation de la santé humaine et de l’environnement compte tenu du contexte de vie des populations de la ville de Douala.

Ce qui l’a emmené à poser l’hypothèse selon laquelle la mauvaise gestion des DBM serait la conséquence d’un déficit de communication (partage d’informations) entre les différents intervenants censés interagir conformément aux textes et règlementations, mais aussi la non prise en compte du contexte de vie des populations doualaises.

Pour mener cette étude, elle a mobilisé plusieurs théories de communication, plus précisément celles liées à la communication pour le développement. Parlant de la communication pour le développement, elle est partie des théories classiques du développement (diffusion, modernisation et innovation) qui mettent en évidence la communication linéaire. En effet, les théories classiques du développement ne prennent pas en compte le caractère pluriel des acteurs impliqués dans la gestion des DBM, ce qui favorise la désuétude de cette gestion. Après avoir montré que les théories sus mentionnées sont axées sur la diffusion et la transposition des manières de faire et considèrent les individus comme aliénés, la candidate s’est penchée vers les théories de la communication pour le développement, notamment les Culturals studies et la théorie interactionniste de la communication. Celles-ci lui ont permis de mieux saisir les pratiques et les comportements d’acteurs compte tenu de leur perception des risques que représentent les DBM pour leur santé et pour l’environnement.

Du point de vue méthodologie, elle a utilisé la méthode ethnographique. Elle a également mobilisé les techniques de collecte et leurs outils tels que l’observation directe, les entretiens (exploratoires et semi-directifs). En outre, elle a sollicité la recherche documentaire qui nous a permis de répertorier les documents administratifs, rapports, séminaires, thèses et mémoires ayant pour objectif l’amélioration de la gestion des DBM. A la suite des données collectées, elle a sollicité l’analyse du contenu comme technique d’analyse des données dans le but de rendre compte de manière objective de ce que disent les interviewés à propos des déchets en général et des déchets biomédicaux en particulier.

Au sortir de l’analyse des données recueillies sur le terrain et dans les différents documents consultés, la chercheure a pu noter :

  • L’existence de nombreux documents stratégiques qui s’intéressent à la gestion des déchets biomédicaux tant au niveau national qu’international et la plupart d’entre eux lui accordent très peu d’intérêt. Parmi ces documents, plusieurs qui promeuvent la collaboration des différents acteurs notamment le MINSANTE, le MINEPDED, des partenaires au développement et des populations dans le but de préserver la santé publique et d’assainir l’environnement. Seulement, il en ressort de ces documents que les fonds alloués à la gestion des DBM et par ricochet ceux de la communication y afférente sont insuffisants. Cette insuffisance des ressources financières nous permet de comprendre la difficulté de la mise en place (opérationnalité) des IEC sur la GDBM
  • La prise en compte insuffisante des réalités dans lesquelles se meuvent les populations de la ville de Douala dans la mise en place des stratégies de gestion des DBM. En effet, compte tenu des mutations socio-économiques et politiques du Cameroun, les populations se livrent à des pratiques de survie qui entrent en contradiction avec les besoins de préservation de l’environnement et de la santé de celles-ci. Cette négligence met en évidence les postures idéologiques qui sous-tendent l’élaboration des stratégies de gestion des DBM. (Soubassements idéologiques).
  • L’absence de campagne de communication sur la GDBM en vue du changement de comportement des différents acteurs de cette lutte. elle n’a pas trouvé de campagne de sensibilisation sur les DBM comme cela a été le cas pour le paludisme, le VIH/SIDA, le choléra, etc. Ce qui témoigne de ce que la promotion de la santé publique comme le prévoit la Charte d’Ottawa n’est présente au Cameroun qu’en ce qui concerne la prévention des maladies. (Aucun média de masse n’est mobilisé pour sensibiliser sur les risques liés à la manipulation et l’exposition aux DBM)
  • L’insuffisance des infrastructures et la mauvaise élimination des DBM (incinération à l’air libre, déversement des DBM dans les bacs à ordures ménagères, etc.)
  • Le faible niveau de connaissances du personnel d’hygiène hospitalière et des usagers sur la GDBM.

Compte tenu des résultats obtenus lors des différentes analyses, l’étudiante a proposé des solutions dans le but d’améliorer la GDBM et préserver la santé publique et l’environnement.

Après évaluation du travail par le jury, la candidate a eu la mention: Bien.

Après ce master, elle envisage poursuivre ses études en doctorat, afin de mieux explorer le sujet traité et ses développements connexes.

Author:

Chancelin Wabo

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