Pierre Essomba Mbida a commis un article sur Linkedin le lundi 10 octobre 2022. Pour l’archiviste, bruler les archives dans l’optique d’effacer les traces pour s’innocenter renforce plutôt le risque. Camersic-infos vous propose de lire le texte.

Il n’est pas conseiller de mettre le feu sur un entrepôt des archives dans un organisme, à dessein de détruire des renseignements incriminables inclinés éventuellement à l’adresse des responsables supposés fautifs du lieu, non seulement cela attiserait l’instinct de curiosité dans la société des historiens, des journalistes et autres chercheurs des environs surtout, il pourrait s’agir d’une peine perdue car, il est possible de recréer l’essentiel du contexte ou de la composition des archives consumées. En effet,  chaque fonds d’archives rassemble les pièces de documents élaborés sur place et des papiers reçus, c’est dire qu’il y a, de temps à autre, des échanges épistolaires réciproques entre les bureaux à divers niveaux et endroits de la gestion d’une affaire administrative.  Autrement dit, c’est se battre les flancs à seule fin d’envisager ou de croire que la totalité du contenu d’un dossier compromettant serait, de la sorte, complètement détruit sans laisser aucune trace quelque part.

Il se trouve qu’en archivistique ou la science des archives, le tout l’emporte en crédibilité sur le fond et sur la forme de sa substance à rebours de l’addition de ses parties. C’est ainsi qu’un dossier d’une affaire courante ou historique maintenu intact dans toute sa contenance matérielle, est la seule source authentique, véridique qui possède à la fois l’information complète et la preuve unique sur l’affaire dont il incarne la dépendance. Le conserver ainsi serait la meilleure façon d’éviter de faire face à une pluralité de versions hasardeuses ou arbitraires des opinions souvent accusatrices, des commentaires mouchardes engendrés sans cesse par le sondage des éléments égarés ou isolés d’un dossier qui a été expressément éclaté ou incinéré.

Au demeurant,  ce sont ces pièces soi-disant à conviction qui concourent à pallier une lacune en qualité de témoins à charge en survie quelque part voire, parmi celles qui sont récupérés vraisemblablement par le journalisme d’investigation en quête du titre d’un scoop embarrassant. Il convient cependant de noter pour s’attendrir que tout élan d’assertion ayant en vue le choix de tirer parti de la sommes des débris d’un dossier disparu, le résultat ne pourra qu’en être réduit aux hypothèses. C’est ainsi que le présumé fautif se retrouve entièrement démuni de tout moyen favorable à sa défense qui puisse lui offrir la chance de sauvegarder sa liberté face à une juridiction compétente ceci, pour avoir manifesté un fol envie de donner un coup de pouce à l’histoire !  

Pierre Essomba Mbida

Archiviste professionnel – Formateur en techniques archivistiques

 

Author:

Chancelin Wabo

web site:

/

Email:

chancelinwabo@gmail.com