Le Professeur Enoh Tanjong, décédé le samedi 29 octobre, était l'un des fondateurs du département Journalism and Mass communication (Jmc) de l'université de Buea, (Sud-Ouest Cameroun). Il a été également membre du Conseil national de la Communication (CNC). Cet académicien « prolifique », selon la Crtv, était parfois surnommé le « Pape du Jmc ».

Ses anciens étudiants lui rendent un vibrant hommage. Colbie Medjom rappelle que l’éducation et la formation étaient ses priorités. «A jamais dans nos cœurs prof. Comment survivre à JMC.  Combattre ta guerre. Dites merci Enoh. Prof Enoh Tanjong était spécial sur sa façon de faire les choses. A cette époque on pensait qu’il était très grossier mais on a enfin compris que c’était pour une bonne raison. Notre éducation et notre formation étaient la priorité. Son combat était de nous voir être les meilleurs en communication et en journalisme partout où il le fallait. Repose en paix Enoh !», écrit-elle sur son compte Facebook.

Éric Kouamo, Journaliste retient de lui, le pilier incontestable  de la structuration de la presse anglophone au Cameroun.

Son hommage complet ci-dessous.

Son visage passera quasi inaperçu aux yeux de la génération Y et Z.

“Pourtant Enoh Tanjong est l’un des piliers incontestable  de la structuration de la presse anglophone au Cameroun.

De retour au pays après de brillantes études aux Etats Unis d’Amérique, il saisit l’opportunité de la réforme universitaire dans la deuxième décennie des années 90 et ouvre avec Georges Gwa le département de journalisme de communication de masse à l’université de Buea, seule institution universitaire anglo-saxon du pays en son temps.

Peu à peu, il déconstruit le mythe l’ESSTIC en livrant sur le marché de la presse locale une nouvelle génération de journalistes d’expression anglaise qui, très vite s’imposent dans le paysage audiovisuel local par la qualité de leurs prestations au professionnalisme probant.

Wamba Sop Ngu Tayo, Beah Leonard Bruce, Mabi Kumaza Azefor … sont des échantillons de cette génération pionnière.

Le prof. Enoh Tanjong enseignait avec passion, transmettait les savoirs avec humour, méthode et rigueur. Il était exigeant, paternel, proche de ses étudiants tant verticalement qu’horizontalement. D’ailleurs, j’avais eu le privilège de son encadrement lors de la rédaction de mémoire de fin d’études de Bachelor in  journalism and mass communication.

Après près de 30 années dédiées exclusivement à la construction de l’espace médiatique et communicationnel au Cameroun,  Enoh Tanjong est admis à faire valoir ses droits à la retraite ayant été durant toute sa carrière, simple chef département.

Ses idées étaient inflexibles. Il recherchait l’objectivité en toutes circonstances. Ce qui paraissait répugnant aux yeux des carriéristes qui n’hesitaient pas à le clouer dans les placards.

Les dernières années qui ont précédé sa mise en retraite n’étaient guère reluisantes. Mais, il a plié bagages dans le silence avant de se voir gratifier une maigre nomination au sein du conseil national de la communication.

Prof, Enoh Tanjong était un encadreur paternel. Durant mes années de pratique du journaliste au Cameroun,  il faisait partie de mes conseillers de l’ombre. Avec humour, il me criblait de critiques. Avec passion, il m’encourageait.

Il nous a quittés ce jour. Adieu prof.”

 

Author:

Chancelin Wabo

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