L’Association camerounaise interuniversitaire de recherche en cinéma a procédé le 13 octobre 2022 au lancement officiel du projet « Campus ciné 3.0 ». Une initiative consistant à numériser les travaux de recherches liés au cinéma camerounais.

Il était temps ! Doter le Cameroun d’une bibliothèque numérique dédié particulièrement au cinéma local. Dans le champ passionnant du 7e art, le numérique va désormais permettre notamment de rendre accessible au plus grand nombre des thèses et mémoires soutenus dans les universités au Cameroun. C’est tout l’objet de « Campus ciné 3.0 », la bibliothèque numérique de l’Association camerounaise interuniversitaire de recherche en cinéma (Acirec), dont le lancement s’est déroulé le 13 octobre 2022 à Yaoundé. C’est au ministère des arts et de la culture qu’a eu lieu cet évènement en présence des responsables des départements relatifs aux arts dans les universités, des acteurs et précurseurs du cinéma camerounais.

Grâce à ce portail en ligne, réalisé en partenariat avec la direction de la cinématographie et des productions audiovisuelles, les étudiants et chercheurs inscrits dans les universités de Yaoundé 1, Maroua, Buéa, Dchang, Bamenda, Ngaoundéré vont disposer d’un accès permanent aux différents travaux de recherche qu’ils pourront consulter. En plus, les Enseignants chercheurs, les professionnels, les institutions et organisations nationales et internationales sont également concernés par cette initiative novatrice. L’accessibilité à la plateforme se fera moyennant un abonnement dont le coût sera connu ultérieurement. Pour l’association, « Campus ciné 3.0, va en effet améliorer la qualité et la quantité des travaux scientifiques et professionnels en cinéma, fournir de bonne base de données sur le 7ème art camerounais partant de l’Afrique centrale et interconnecter les 10 universités». À la date du 13 octobre 2022, la bibliothèque numérique disposait déjà de plus de 60 thèses de doctorat mémoires qui seront mis en ligne à partir de novembre 2022.

Plutard, l’initiative va étendre ses compétences dans les pays de la sous-région, afin de rendre l’industrie cinématographique davantage compétitive au niveau continental, voire même mondial. Si tout le contenu intéressera d’abord les chercheurs et les férus de patrimoine cinématographique, la plateforme sera aussi conçu pour le grand public pour leur culture  générale et projets cinématographique. Le projet intervient dans un contexte marqué par une majorité de productions locales approximatives. Convaincu du rôle prédominant que vont jouer la recherche et la formation dans le processus d’industrialisation du cinéma, il est urgent pour l’Acirec de rendre flexible les travaux de recherche sur le cinéma camerounais depuis sa genèse à nos jours.

Il faut noter que les écoles de cinéma au Cameroun sont polarisées dans les villes majeures que sont Douala, Yaoundé, Bafoussam et dans une moindre mesure dans la partie septentrionale. C’est dans cette logique que l’association entreprend pour la promotion et la valorisation des travaux scientifiques sur la question et renforcer les capacités des professionnels tout en améliorant la production audiovisuelle et cinématographique du pays de Gérard Essomba Many, homme de théâtre devenu une figure emblématique du cinéma camerounais et hexagonal incontournable dans les années 70/80 et qui a tout joué : autant les p’tits truands que les grands héros de Malcom X à Toussaint Louverture.

Fabrice Beloko, Tri Hebdomadaire Repères, N°1109 du lundi 17 octobre 2022  

 

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Chancelin Wabo

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