Le 27 octobre 2022, le docteur Kenneth Toah Nsah a été désigné lauréat du Prix de thèses francophones en Prospective 2022, décerné par la Fondation 2100 et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), apprend Camersic-infos.

Le chercheur a reçu le prix le 27 octobre 2022 au Caire en Egypte, lors de la Semaine mondiale de la Francophonie scientifique (SMFS2022) qui s’est tenue du 25 au 28 octobre 2022. C’est le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la République du Niger, Mamoudou Djibo, PhD, qui lui a remis le prix lors d’une soirée de gala au Caire, en présence de plusieurs ministres, chercheurs, scientifiques et autres personnalités. 

Plus de 50 thèses reçues de tous les continents du monde, pour ce prestigieux prix. Quatre finalistes ont été présélectionnés pour faire des présentations et répondre aux questions devant un jury. Deux lauréats ont été choisis à la fin de ces auditions. Parmi les deux lauréats figure donc le camerounais Nsah Mala. C’est un honneur pour lui d’être l’un de ces deux lauréats. « Quelle immense joie pour moi, un fils de Mbessa de la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, de remporter le Prix de thèses francophones en Prospective – un prix organisé par la Fondation 2100 (France) et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) ! », déclare l’universitaire. Le deuxième lauréat est le Dr Aurore Fransolet de la Belgique.

Ce prix prestigieux a été décerné à Kenneth Toah Mala sur sa thèse de doctorat (PhD) intitulée “Can Literature Save the Congo Basin? Postcolonial Ecocriticism and Environmental Literary Activism” (en francais : “La littérature peut-elle sauver le Bassin du Congo ? Écocritique postcoloniale et activisme littéraire environnemental), soutenue dans le Département de Littérature Comparée d’Aarhus University (Aarhus Universitet) (Danemark) le 11 mars 2022. Cette thèse ne se contente pas seulement d’analyser des textes littéraires en rapport avec le changement climatique et les problèmes environnementaux dans le Bassin du Congo, mais jette également des ponts entre de nombreux clivages culturels, linguistiques, méthodologiques, disciplinaires et théoriques, y compris, mais sans s’y limiter, entre les sphères anglophone et francophone.

« M. Nsah: Dans une approche pionnière et novatrice, la thèse — centrée sur le bassin du Congo, tout en ayant une portée générale — montre comment la littérature peut contribuer à la mobilisation des esprits et à l’engagement dans l’action pour la préservation de l’environnement et la lutte pour le changement climatique » commente le jury sur la thèse.

Ce prix est perçu pour lui comme une reconnaissance envers ses disciplines universitaires. « Au vu du prestige de ce prix et de la composition de son jury, je considère que ce prix n’est pas seulement une distinction personnelle pour moi, mais beaucoup plus une reconnaissance envers mes domaines interdisciplinaires de recherche, notamment l’écocritique et les humanités environnementales.  Parmi les 5 chercheurs chevronnés du jury (ayant travaillé dans la fonction publique internationale ou dans le monde académique), on retrouvait des docteurs en histoire, en philosophie, en physique, en mathématiques et en sciences économiques. Vu que ces experts scientifiques ont trouvé et apprécié la dimension scientifique et prospective de ma thèse, cela devient pour moi une victoire pour les études littéraires interdisciplinaires en rapport avec la crise climatique, surtout les domaines interdisciplinaires de l’écocritique et des humanités environnementales. Enfin, l’écocritique m’a vraiment permis de me reconnecter avec les disciplines scientifiques que j’avais laissé après le GCE Ordinary Level pour poursuivre mon rêve littéraire ! », écrit l’homme de sciences.

Le lauréat n’a pas manqué l’occasion de remercier tous ceux qui l’ont accompagné jusqu’ici et surtout les organisateurs de l’évènement scientifique. « C’est le moment pour moi de remercier le Dieu Tout-Puissant pour sa grâce, de remercier la Fondation 2100 et l’AUF, et de renouveler ma gratitude envers les directeurs de ma thèse Mads Rosendahl Thomsen (Professeur) et Peter Mortensen (Maître de conférences). Merci aussi à tous ceux qui m’ont soutenu d’une manière ou d’une autre pendant mon parcours académique, y compris ma famille (surtout), mes collègues et mes amis. Et je dédie ce prix à ma défunte mère Nawain Prisca Ansama Teh qui a toujours vendu ses récoltes (pommes de terre, haricot, maïs…) et a sacrifié son bonheur, surtout l’argent de ses pagnes, pour m’envoyer à l’école », déclare-t-il.

Il émet un vœu après l’obtention de son prix par rapport à la Cop27. « Avant tout, ce prix est une victoire pour le Bassin du Congo ! Par coïncidence, j’ai reçu ce prix au Caire, en Égypte, à quelques jours du début de la COP27 qui se tient également à Sharm El-Sheikh, en Égypte. Puissent les négociations de la COP27 déboucher sur des actions concrètes en matière d’action climatique qui tirent parti du potentiel de séquestration du carbone des forêts tropicales humides et des tourbières du Bassin du Congo pour lutter contre le changement climatique mondial et préserver la diversité biologique et culturelle dans un esprit de justice climatique! », Projette-t-il.

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Chancelin Wabo

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